CONFORMEMENT A LA TRADITION,
JACQUES LACAZE
AVAIT PREVU D'INTERVENIR
AU CONSEIL MUNICIPAL DU 14 MARS 2008
C'ETAIT SANS COMPTER SUR L'AMBIANCE ANTI-DEMOCRATIQUE QUI REIGNE
DESORMAIS A LIEVIN. EN EFFET,
IL A ETE PRIVE DE MICRO, PUIS LE VOTE POUR L'ELECTION DU MAIRE A ETE TRES RAPIDEMENT ENCLANCHE EMPECHANT
TOUTE DEMANDE D'INTERVENTION.
NOUS SERONS SOUVENT AMENE
A MONTRER QUE CETTE
ABSENCE DE DEMOCRATIE, DE RESPECT DE L'OPPOSITION FRANCHEMENT DE GAUCHE
S'OPPOSE AUX INTERÊTS
DES LIEVINOISES ET DES LIEVINOIS.
VOICI LE TEXTE QUI DEVAIT ETRE PRESENTE
Malgré les pressions et les difficultés de toutes sortes, la liste LIEVIN FRANCHEMENT A GAUCHE, a obtenu dans des conditions exceptionnellement difficiles 1390 voix, soit 11,07% des suffrages
exprimés et deux élus. Je tiens à remercier ces électrices et ces électeurs, qui ont confirmé leurs votes de 2001, puisque au précédent vote
j'avais obtenu 1384 voix ! En effet, en 2001, je conduisais une liste d'union soutenue par la fédération PCF du Pas-de-Calais. Les dirigeants de cette fédération m'ont exclu, en excluant la
section communiste de Liévin qu'ils soutenaient pourtant... Maintenant, ils soutiennent la liste d'union de la gauche conduite par Monsieur Kucheida. Souvent hommes politiques
varient...
Que ces électrices et électeurs soient assurés que nous lutterons ici au Conseil Municipal et dans nos cités et quartiers pour que nos propositions entrent dans la
vie. Je tiens à remercier très particulièrement les femmes et les hommes qui ont accepté de prendre place sur cette liste. Car, ils ont fait preuve d'un grand courage politique et
civique. Je suis convaincu qu'avec eux, la lutte franchement communiste et républicaine prendra un nouvel essor à Liévin.
J'ai relu l'intervention que j'avais faite, il y a 7 ans ici même, et je suis tenté de la relire intégralement tant le fond politique reste le même, bien qu'à
l'époque, la gauche plurielle était aux affaires et aujourd'hui, c'est le pouvoir néo-pétainiste de Sarkozy-Fillon qui dirige, c'est-à-dire le pouvoir le plus réactionnaire que notre pays ait
enduré depuis un siècle. J'en reprendrai donc les idées forces en soulignant combien la situation s'est aggravée dans le sens indiqué, il y a 7 ans et combien la politique proposée à l'époque est
toujours d'une brûlante actualité.
Notre commune, comme toutes les communes de France, existe dans un environnement local, régional et national. Œuvrer pour mieux vivre à Liévin, c'est en
premier lieu prendre en compte cet environnement. Et la première chose que j'en dirais, c'est que le trépied sur lequel fonctionne la République : à savoir la Commune, le Département, la
Nation voit sa destruction accélérée.
La Commune est menacée par l'intercommunalité qui enlève aux élus communaux l'essentiel de leur pouvoir au profit de communautés
d'agglomérations, non-élues et à la merci des Maires des villes les plus importantes et des grands groupes financiers. Par-là, les citoyens sont écartés de la gestion des affaires de leur ville.
Mais en même temps l'Etat diminue les dotations, et pourtant nous payons impôts et taxes à Liévin comme partout.
Les départements sont directement menacés, et le rapport de Jacques Attali, l'ancien conseiller de François Mitterrand est là
pour nous le rappeler. Dans le prolongement de l'Europe de Maastricht, voulue par la droite et le Parti Socialiste, au mépris de la volonté clairement exprimée par notre peuple, des voix se font
entendre pour intégrer non pas la Nation française, mais les régions dans une Europe fédérale inféodée à Bruxelles et à la Banque de Francfort ce qui correspond aux vœux de toujours de
l'Allemagne.
Le Parlement français de son côté a pour mission à plus de 80% de ses décisions de transcrire en droit français, les lois
élaborées ailleurs, à Bruxelles, Francfort ou Berlin.
Il y a 7 ans, on nous parlait quotidiennement de « croissance économique », de baisse du chômage etc, ce qui n'était pas constaté dans la réalité, ni à
Liévin ni ailleurs. Aujourd'hui, nous constatons la baisse massive du pouvoir d'achat, la baisse des salaires des pensions et de l'ensemble des revenus, l'augmentation démentielle
du prix des produits de première nécessité, des conditions de travail de plus en plus dégradées. Pourtant on nous parle toujours de baisse du chômage...Le stress et le suicide, le harcèlement
moral, la précarité présentent une augmentation foudroyante. L'angoisse du chômage toujours là (les plans de licenciements, les délocalisations d'entreprises se multiplient).
L'atteinte aux libertés syndicales, les privatisations et déréglementations des services publics battent des records. C'est la fin des services
publics à la française, tout doit être liquidé ou privatisé !
Les profits des grandes entreprises, eux, ne se sont jamais aussi bien portés et croissent chaque année. Si la pauvreté y compris chez les
personnes ayant un emploi s'étend, les riches sont de plus en plus riches et bénéficient de somptueux cadeaux., comme les 15 milliards d'euros octroyés à l'élection de Sarkozy, ou les chèques de
centaines de millions d'euros distribués à quelques-uns par le fisc après la même élection.
Les Liévinoises et les Liévinois ont dit majoritairement NON à l'Europe en 92, comme tout notre département. Mais le traité de Maastricht était accepté nationalement, à la satisfaction de Monsieur Kucheida. Puis, ils ont rejeté le
traité constitutionnel européen le 29 mai 2005, tant il est clair que cette Europe, de l'euro va à l'encontre des intérêts fondamentaux de notre jeunesse, de nos populations, de nos travailleurs.
C'est à son nom qu'on délocalise notre industrie, qu'on licencie, qu'on casse nos acquis sociaux, notre fonction publique, notre code du travail ... Ce traité chassé par le peuple
souverain, revient par la fenêtre et a été accepté par une majorité de députés et sénateurs félons, sur proposition d'un Président qui foule au pied la souveraineté populaire, se rendant ainsi
illégitime, car son élection à la tête de l'Etat ne lui confère pas le droit de changer le contrat social. Seule une assemblée constituante élue dans ce but peut modifier les bases de
notre démocratie. À ce sujet, j'apprécie à sa valeur le refus du mini traité par Monsieur le député Kucheida qui a ainsi respecté le vote des liévinois. Sans nul doute, nos concitoyens lui en
sont gré et l'ont manifesté par le vote du 9 mars.
Je reprends à mon compte cette forte affirmation d'Engels « Nous appelons communisme le mouvement réel qui dépasse l'état des choses existant ». Nous avons bien l'intention de
faire vivre le communisme à Liévin dans ce sens, c'est-à-dire expliquer, mobiliser, nous opposer au mouvement réel qui va dans le sens de la bourgeoisie, de la mondialisation capitaliste, de
l'Europe du baron Sellieres et de son businesseurope. Nous démontrerons par là que le communisme est ancré dans la vie quotidienne, qu'il n'est pas une utopie. Cette orientation est
diamétralement opposée à celle de la direction du Parti Socialiste et de Monsieur Kucheida.
En effet, la politique menée à Liévin, comme au département ou à la région, est une politique de collaboration de classe. Cette politique de serviteurs loyaux du
capitalisme est aussi menée par le PS à l'échelle mondiale. Ce sont deux hauts dirigeants du PS français qui dirigent deux des 3 grandes institutions internationales que sont le FMI et
l'OMC, Messieurs Strauss Kan et Pascal Lamy.
J'ai pu constate que le PS ne résiste pas à la politique impulsée par le gouvernement de droite, sauf quelques anodines déclarations de principes ou des manifestations soigneusement encadrées et
médiatisées. Le mouvement réel qui existe et sur lequel nous nous appuyons est un mouvement de résistance. Au conseil municipal comme dans
les cités et les quartiers, nous nous battrons dans le sens de cette résistance.
Bien entendu, il n'est pas question de contester les travaux de modernisation qui sont effectués à Liévin, comme dans la plupart des communes de la région et de
France. La municipalité s'en attribue tous les mérites. J'observerais simplement qu'existe un choix : privilégier le centre Ville. Même si des travaux importants sont faits dans les quartiers, le
différentiel avec le centre perdure. Nous nous battrons pour les cités et quartiers populaires.
Un autre aspect est celui des moyens pour arriver à cette modernisation: c'est celui des entreprises privées et de la cession de la gestion - ce qui rapporte beaucoup d'argent - du patrimoine
municipal au privé.
Les richesses accumulées sur notre territoire national n'ont jamais été aussi importantes. Et elles croissent d'année en année, il suffit d'examiner le
résultat des entreprises du CAC 40. Le problème majeur est bien sûr celui d'obliger, dans un premier temps, le capital à rendre un maximum de ces profits à ceux qui les produisent : les
travailleurs. Il faut lutter pour faire payer les riches, le grand patronat. Il faut organiser une juste coopération entre les communes et non une concurrence. Il faut aussi, que les habitants
s'expriment réellement. En ce qui concerne la vie à Liévin, dans nos quartiers, nos cités, nos administrations, nos entreprises, le problème est: existe-t-il un véritable choix démocratique de la
population?
En un mot : résister ! Voici les principaux axes autour desquels cette résistance sera organisée, pour dépasser l'état des choses existant
:
- contribuer à unir pour organiser une réelle résistance aux mesures anti-sociales, anti-populaires et anti-nationales du MEDEF, du businesseurope,
de Sarkozy et des députés UMP. Soutenir résolument toutes les luttes et en particulier, les salariés, les jeunes qui défendent leurs conditions de vie, leur salaire, leur avenir. Se battre sur le
problème central que rencontre nos concitoyens, celui du pouvoir d'achat, c'est-à-dire celui des salaires, des pensions et de la vie chère.
- lutter pour une vraie démocratie participative. Une élection de conseillers municipaux et d'un maire tous les 6 ans est loin d'être suffisant.
Nos concitoyens le signifie bien, en refusant régulièrement de se déplacer lors des consultations électorales à plus de 40%, c'est-à-dire deux électeurs sur 5. Nous lutterons pour une vraie
démocratie locale, pour des conseils de quartiers élus et disposant d'un vrai pouvoir de décision, pour un conseil consultatif de la jeunesse, élu. L'expression
libre de tous les habitants doit devenir la règle, au travers du journal municipal (payé par tous), du site de la commune, des comités de quartier, du conseil municipal. Les comités de
quartier doivent êtres démocratisés et largement ouverts aux propositions, projets, critiques des liévinoises et des liévinois. Ils doivent devenir un lieu d'élaboration de la politique
municipale et de défense des droits. Nous proposerons d'interrompre un Conseil Municipal pour donner la parole aux citoyens. Il faut mettre fin à la mainmise d'un groupe sur ces moyens
d'expression qui appartiennent à tous! Nous exigerons la rupture avec les pratiques despotiques de contrôle de la vie associative et d'étouffement des initiatives.
- mobiliser toutes les victimes de la désertification de nos territoires pour une réelle ré-industrialisation de notre ville et de notre région.
Expliquer inlassablement les causes de cette situation. Les zones commerciales et autres centres d'affaires ne sont que pis-aller et connaîtront inéluctablement la décadence quand nos poches
seront vides. Il faut une vraie politique de l'emploi. On ne peut pas se contenter de créer comme le propose Borloo - et que soutient Monsieur Kucheida - des emplois d'aide à la personne. Nous
devons exiger de vrais emplois productifs et mobiliser toutes les forces vives de la ville, le conseil municipal en tête.
- Défendre les services publics, combattre la casse de l'Education nationale, de la Poste, la privatisation d'EDF-GDF, etc. ! Nous réclamerons le
renforcement des services municipaux publics, en luttant pour la re-municipalisation des services privatisés (piscine, service des eaux, marchés, logements,
collecte ordures ménagères etc.) tout en garantissant des salaires et des conditions d'emploi dignes de notre époque aux salariés municipaux. Il ne faut plus donner aux privés de nouveaux
services. Nous nous y opposerons en appelant la population à se mobiliser.
- relancer les commerces de proximité : et nous le proposerons en collaboration avec les populations et les professionnels concernés
- en matière de logement, nous soutiendrons activement les demandes de logements en particulier pour les jeunes, les mal-logés. Nous défendrons le
service public d'HLM., les logements miniers en exigeant des loyers réglementés et bas, accessibles à tous.
- Nous défendrons les prérogatives des communes menacées par les transferts de compétences vers les communautés d'agglomération non élues.
Développer l'ensemble des quartiers et pas seulement le centre. Si beaucoup de choses ont été faites, il reste un énorme décalage entre le centre et les corons et autres quartiers
populaires.
- Se battre pour que les impôts locaux, (taxe d'habitation, taxe foncière) soient fortement allégés. Une municipalité réellement à gauche doit
avoir une politique de baisse de ces impôts en fonction des revenus. Elle doit se battre et mobiliser les habitants pour exiger que l'Etat reverse ce qu'il nous a pris par la TVA et autres
impôts. Elle doit faire échec, par la mobilisation de la population, à la politique qui consiste à accepter les transferts de charge de l'Etat et à obliger les contribuables locaux à payer de
plus en plus cher des services qui reviennent normalement à l'Etat à qui nous avons versé nos impôts. Elle doit dénoncer l'Europe qui prend toujours plus dans notre poche (18 milliards d'euros
par an !) et qui « rend » de moins en moins !
- Défendre la sécurité sociale et tout particulièrement la CARMI (ex-caisses de secours minières). La création accélérée d'une médecine à plusieurs
vitesses : déremboursements de médicaments, franchises qui se multiplient, dépassements d'honoraires, seuil de revenu ridiculement bas pour l'obtention de la CMU etc sont une atteinte très grave au droit à la santé pour les ayants droits du régime minier, et pour l'ensemble des assurés sociaux. Nombreux sont aujourd'hui les exclus du
système de soins. Défendre la CARMI est nécessaire pour les ayants droits mais aussi pour la population laborieuse de nos cités et quartiers. La municipalité doit prendre la tête de cette
défense, au côté des organisations syndicales.
Notre ambition est bien, malgré notre faiblesse apparente, de résister, d'expliquer, de mobiliser, pour contribuer à mettre en échec, cette politique
anti-populaire, anti-démocratique, de liquidation de notre pacte républicain, de nos acquis sociaux, de notre service public à la française, menée depuis 30 ans par les gouvernants de droite et
de la fausse gauche. Mieux vivre à Liévin ne signifie pas, plus de restau du coeur, d'épicerie sociale, de secours de toutes sortes, même si ces initiatives citoyennes sont nécessaires et bien
venues. Mieux vivre à Liévin signifie avant tout, du travail et de meilleurs revenus, des logements accessibles et aux normes d'aujourd'hui, le prise en charge de notre santé conformément au
principe de 45 : payer selon ses moyens recevoir les soins selon ses besoins, l'accès à l'éducation et à la culture de notre bassin minier. Il n'y a qu'un moyen pour y arriver lutter, lutter en
encore lutter.
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